11 Décembre 2011: Sur le chemin du retour.
Huntsville, Alabama: Pas mal de route, quelques arrêts, beaucoup de changements. Voilà ce qui décrit bien la dernière semaine et demie qui m’a vue traverser de l’Océan Pacifique au Golf du Mexique et amorcer mon retour via le plateau appalachien. Autant le climat que le paysage et les gens changent.
Côté paysage, le territoire est marqué par le côté désertique entre San Diego et San Antonio avec quelques chaînes montagneuses moyennement élevées séparées par de larges plaines. Une transition vers des régions plus humides s’amorce entre Del Rio et San Antonio jusqu’à Houston qui laisse ensuite place aux pays des bayous où New Orleans est bien inséré. C’est aussi la fin de mon segment #3 “San Diego – New Orleans” . La montée du plateau appalachien est marquée par des forêts denses de grands feuillus sur un terrain de plus en plus valonneux, c’est le début du 4e et dernier segment “New Orleans – Montréal”.
Côté climat, en général les nuits sont froides peu importe où, variant de -8 à 10degC. Comme mon dernier post le dit, j’ai frappé de la neige et du temps froid au centre, même le jour. Je ne sais pas si c’est normal pour la neige, mais pour la température ça m’a peu étonné vu que c’est un climat continental (extrêmes). La descente vers l’est et le Golf du Mexique est venue avec du temps plus chaud et tempéré, ainsi que humide (mais très modéré comparativement à l’été où c’est un sauna). Il semble que cette saison est marquée par des vagues d’air froid venant du nord dans l’Ouest et des vagues chaudes du sud (Golf du Mexique) dans l’Est, du moins c’est ce que j’observe.
Côté humain, maintenant, peu seront surpris d’apprendre que le sud californien et toute la région longeant la frontière MexUS est fortement colorée par le côté hispanique, rien à dire là-dessus à part de le réaliser sur place. Et on voit bien les répercussions sur la sécurité; Mur des É-U, nombre incalculable de véhicules des douanes américaines et postes d’inspections tout au long de la route longeant la frontière. C’est comme passer les douanes plusieurs fois dans le même pays mais pas mal moins sévère. Tous les postes sont dotés d’une section composée d’une multitude d’appareils photos/radars/sonar/name it, souvent d’un check up d’identité avec un agent et parfois la totale avec le chien mais, dans mon cas, jamais de fouille.
Tout redevient normal lorsqu’on s’enfonce dans les states (après Del Rio vers San Antonio). Du côté “locaux”, disons que tout l’ouest jusqu’à Houston est marqué du côté Cowboy. San Diego est le genre de point de transition Surfer/Cowboy et Houston, Cowboy/Huckeberry Finn sans vraiment sentir le Cajun qui lui semble être confiné à la Louisianne.
Le White Anglo Protestant se voit un peu partout tout au long de la traversée mais s’intensifie vers l’Est et, ici, dans le profond Alabama, semble atteindre un paroxisme rarement vu. Je sais que c’est dimanche mais 90% des radios ont des contenus chrétiens, du chant, de la prière ou de la propagande plus ou moins claire. On peut aussi entendre un certain commentateur radio mi-douteux, qui a parfois de l’allure mais qui dérape aussi souvent (donc dangereux, surtout quand on entends les auditeurs… très Sleepy Twilight Hollow Zone dans le genre j’vais shooter l’oiseau car il m’a regardé croche). Ok, j’aime ça exagérer, mais ici c’est juste après le mot Zone.
Hier soir, je suis arrêté dans un McDo dans le fin fond du Mississipi et un gros noir, clairement homosexuel, a engagé la discussion et me disait qu’il voulait déménager car les gens étaient un peu fous et que c’était creux, je me suis aussi dis que dans son cas je ne cadrerait sûrement pas là non plus! Y’a un employé du McDo qui nettoyait le cadre du mirroir à la brosse à dent au-dessus du lavabo dans les toilettes qui était un peu trop proche de l’urinoire à mon goût, genre malalaisant, j’ai réalisé rapidement, en discutant trop longtemps (de sujets?), qu’il lui manquait quelque chose, ça se place alors.
L’accent aussi change: Hispano-américain, Texan mais en général pas trop fort dans l’Ouest. L’Est est plus marquant avec le gros slang américain qui sent la swamp et l’Aunt Jemima.